Miracle de Dieu

Miracle de Dieu

Comment, en la présence de l’épouse et de la troupe céleste, la Divinité parle à l’humanité contre les chrétiens, tout ainsi que Dieu parlait à Moïse contre le peuple d’Israël. Comment les mauvais prêtres aiment le monde et méprisent Jésus-Christ. De leur malédiction et damnation.

Miracle de Dieu

Livre 1 - Chapitre 48
Révélations Célestes de Sainte Brigitte de Suède


Dieu dit à une grande armée qu’on voyait au ciel : Voici que je vous parle en faveur de mon épouse, qui est ici présente, à vous qui savez, entendez et voyez en moi toutes choses, mes amis l’entendant. Je vous parle tout ainsi que quelqu’un fait à soi-même : de même ma Divinité parle à l’humanité.

Moïse demeura quarante jours et quarante nuits sur la montagne avec le Seigneur. Quand le peuple a vu qu’il restait si longtemps, il prit de l’or, le jeta dans le feu, d’où fut fait un veau, qu’il appela Dieu. Alors Dieu dit à Moïse : "Le peuple a péché : je l’effacerai comme on efface une chose écrite sur un livre". Moïse lui répondit : "Non, mon Seigneur ! Souvenez-vous que vous les avez mis hors de la mer Rouge, et que vous leur avez fait des choses merveilleuses. Si donc vous les effacez, où est à présent votre promesse ? Je vous prie, mon Seigneur, de ne point faire cela, parce qu’alors vos ennemis diraient : Le Dieu d’Israël est méchant : il a tiré de la mer son peuple, et il l’a fait mourir au désert". Dieu fut adouci et apaisé par ces paroles.

Je suis ce Moïse en figure. Ma Divinité parle à l’humanité comme à Moïse, disant : Voyez et regardez ce que votre peuple a fait, comment il m’a méprisé. Tous les chrétiens seront tués, et leur foi sera effacée. Mon humanité lui répondit : Non, mon Seigneur ! souvenez-vous que vous l’avez tiré hors de la mer du péché par mon sang, quand j’ai été déchiré depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête ; je leur ai promis la vie éternelle. Je vous prie donc d’avoir pitié et compassion d’eux à raison de ma passion.

La Divinité, ayant entendu ces paroles, en fut apaisée et adoucie, et dit : Que votre volonté soit faite, d’autant que tout jugement vous est donné. Regardez, mes amis, combien est grande cette charité. Mais maintenant, je me plains devant vous, mes amis spirituels, à savoir : les anges et les saints, et devant mes amis corporels qui sont au monde, et qui toutefois n’y sont pas, sinon de corps, je me plains de ce que mon peuple a amassé du bois et en a fait du feu, dans lequel il a jeté de l’or, d’où s’est levé un veau qu’ils adorent comme Dieu. Il se tient debout, comme un veau, sur quatre pieds, ayant une tête, un gosier et une queue.

Or, Moïse tardant trop à descendre de la montagne, le peuple dit : "Nous ne savons ce qui lui est arrivé". Et il lui déplut d’avoir été par lui tiré de la captivité. Ils dirent : "Cherchons un autre Dieu qui marche devant nous". Les méchants prêtres en agissent maintenant ainsi, car ils disent : "Pourquoi mènerons-nous une vie plus austère que celle des autres, ou quelle récompense en aurons-nous ? Il nous est bien meilleur de vivre en paix et selon notre volonté Aimons et chérissons le monde duquel nous sommes assurés, car nous n’avons aucune certitude, aucune assurance de sa promesse".

Ensuite, ils amassent du bois, c’est-à-dire, ils appliquent tout leur soin à l’amour du monde ; ils y allument le feu, lorsqu’ils se livrent avec ardeur à l’amour du monde ; mais ils le brûlent, quand, dans leur esprit, la volupté s’échauffe, et qu’ils la mettent à exécution. Ensuite, ils y jettent l’or, c’est-à-dire : la charité et l’honneur qu’ils me devraient donner, ils les donnent à l’honneur du monde. Alors se lève le veau, c’est-à-dire, l’amour du monde est accompli ; et cet amour a quatre pieds, à savoir : la paresse, l’impatience, la vaine joie et l’avarice. Car ces prêtres-là, qui devraient être toujours près de moi pour mon honneur et pour ma gloire, portent à regret l’honneur qu’on me rend ; ils usent et passent le reste de leur vie dans la joie trompeuse du monde, et ne sont jamais contents ni rassasiés des biens temporels.

Ce veau a aussi une tête et un gosier, c’est-à-dire, qu’ils n’ont d’autre but que la satisfaction de leur gourmandise, de sorte qu’elle ne peut jamais être rassasiée, quand même toute la mer entrerait dans eux. La queue de ce veau, c’est leur malice, d’autant que, s’ils pouvaient, ils ne permettraient pas qu’aucun posséde ce qui lui appartient. Certes, par leur exemple dépravé et par leur mépris, ils blessent et corrompent tous mes serviteurs. Voilà de quel amour leur cœur est porté à ce veau, et quelle joie et quel plaisir ils y prennent. Mais ils pensent de moi comme ces Juifs pensaient de Moïse, et disent : Il y a longtemps qu’il est absent ; ses paroles sont vaines et ses œuvres fâcheuses ; faisons maintenant notre volonté, et qu’elle et notre puissance soient notre Dieu. De plus, non contents de ces choses, ils ne m’oublient pas tout à fait, mais ils me regardent comme une idole.

Les gentils idolâtres adoraient du bois, des pierres et des hommes morts, du nombre desquels ils adoraient une idole que s’appelait Béelzébut. Les prêtres de cette idole lui offraient de l’encens et faisaient des génuflexions devant elle avec des applaudissements et des louanges. Tout ce qui, dans leur sacrifice, était vain et inutile, tomba, et les oiseaux et les mouches le mangèrent ; mais toutes les choses qui étaient utiles, les prêtres les réservaient pour eux, fermaient la porte de leur idole, et gardaient la clef, de peur que quelqu’un n’y entrât et découvrît leur dessein pernicieux.

À présent, les prêtres m’en font de même : ils m’offrent de l’encens, c’est-à-dire, ils prêchent de belles paroles, non pas à raison de mon amour et de ma charité, mais pour leur louange propre, et pour leur ravir quelque chose de temporel : car tout ainsi qu’on ne prend pas l’odeur de l’encens, mais qu’on le sent et qu’on le voit, de même leurs paroles ne font aucun effet à leurs âmes, de sorte qu’elles y puissent prendre racine, où elles puissent être détenues, mais on entend seulement le son des paroles, et elles semblent donner quelque plaisir à l’oreille pour un temps ; ils m’offrent des prières, mais ils ne me plaisent point.

Ils sont comme ceux qui prêchent mes louanges du bout des lèvres, mais dont le cœur garde le silence. Ils se tiennent presque contre moi, criant de leur bouche, mais ils font avec leur cœur tout le tour du monde. S’ils devaient parler à quelque homme qui eût quelque charge et quelque dignité, leur cœur accompagnerait la parole, de peur qu’ils ne s’écarte en parlant, et ne soient par hasard remarqués peu sensés en quelques-unes.

Or, les prêtres prient devant moi presque comme les hommes qui sont en extase, qui parlent autrement de bouche que leur cœur ne leur dicte et le leur suggère, paroles dont l’auditeur ne peut tirer une assurance certaine. Ils fléchissent les genoux devant moi, c’est-à-dire, ils me promettent l’humilité et l’obéissance, mais en vérité, ils sont humbles comme Lucifer ; ils obéissent à leurs désirs et non aux miens. Ils ferment aussi la porte sur moi et gardent la clef, quand ils ne me louent ; et alors, ils ouvrent la porte sur moi et me louent, quand ils disent : "Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel" ; mais ils la ferment sur moi, lorsqu’ils font leur volonté et ne veulent voir pas ouïr la mienne, comme si elle était d’un homme enfermé et de nulle puissance.

Ils gardent la clef lorsque quelques-uns veulent faire ma volonté, et ils les en retirent par leur exemple, et s’ils pouvaient librement, ils leur défendraient aussi que ma volonté ne sorte en effet et ne soit accomplie que selon leurs désirs déréglés. Après, ils gardent en leur sacrifice toutes les choses qui leur sont nécessaires et utiles, et exigent pour eux tout l’honneur et tous les devoirs qu’ils peuvent. Mais le corps de l’homme que la mort frappe, pour lequel principalement ils devraient offrir des sacrifices, ils le jugent et le tiennent comme inutile, l’abandonnant aux mouches, c’est-à-dire aux vers, se souciant fort peu de ce qu’ils lui doivent et du salut de son âme.

Mais qu’a-t-il été dit à Moïse : Tuez ceux qui ont fait cette idole. Là, si quelques-uns sont morts, tous ne le sont pas. Mes paroles viendront maintenant, et les tueront, quelques-uns pour le corps et pour l’âme, pour être éternellement damnés ; les autres pour la vie, afin qu’ils se convertissent et vivent ; ceux-ci à une mort soudaine, d’autant que ces prêtres-là me sont grandement odieux. Et de grâce, à quoi les comparerai-je ? Ils sont semblables au fruit d’épine qui, au-dehors, est beau et rouge, mais qui, au-dedans, est plein d’immondices et d’aiguillons. Ils s’approchent ainsi de moi comme des hommes rouges par la charité, afin de paraître purs et nets au dehors, mais ils sont au dedans pleins d’immondices et d’ordures.

Si ce fruit est de nouveau mis en terre, d’autres épines en sortiront et croîtront : de même ceux-là cachent dans leur cœur comme dans la terre leurs péchés abominables et leurs détestables malices, et de la sorte, ils ont pris tellement racine dans le mal, qu’ils n’ont pas même honte après de le mettre en lumière, de s’en vanter, de s’en glorifier. Les autres en prennent non seulement l’occasion de pécher, mais sont aussi grièvement blessés et scandalisés dans leur âme, pensant ainsi entre eux : Si les prêtres font ceci, à plus forte raison il nous est permis de le faire.

Certes, ceux-là ne sont pas seulement semblables au fruit de l’épine, mais à l’épine même, parce qu’ils dédaignent et méprisent les corrections et admonitions qu’on leur fait, et ne réputent personne plus sage qu’eux. C’est pourquoi ils pensent pouvoir faire tout ce qu’ils veulent. Partant, je jure en ma Divinité et en mon humanité, tous les anges l’entendant, que je briserai la porte qu’ils ont fermée sur ma volonté ; et elle sera accomplie, et la leur sera anéantie et fermée sans fin dans l’intolérable supplice. À cause de quoi, comme il est dit d’ancienneté, je commencerai mon jugement par mon clergé et par mon autel.

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